Les coulisses du costume
L'art de s'habiller en Arlésienne
Revêtir le costume traditionnel n'a rien d'improvisé : chaque pièce se pose dans un ordre précis, chaque tissu répond à un usage, et la coiffure demande une dextérité que l'on acquiert avec les années. Voici ce que ce savoir-faire a de plus concret.
L'ordre de l'habillage
Du dessous à la coiffe, chaque étape prépare la suivante.
1. Les dessous et le jupon
Chemise, corset et jupons brodés donnent au costume son volume et son maintien avant même que la robe ne soit posée.
2. Le corsage
Ajusté au plus près du buste, il structure la silhouette et se ferme le plus souvent par de petits boutons.
3. La robe
Longue et cintrée, elle se noue et s'épingle avec soin pour tomber sans un pli disgracieux.
4. Le châle
Plié en triangle, il se croise sur la poitrine et se noue dans le dos — depuis toujours signe d'élégance et de tenue.
5. La chapelle
Ce plastron de dentelle se glisse en dernier sur le corsage, juste avant la coiffe, pour encadrer le visage jusqu'au buste.
6. La coiffe
Ruban, cravate et nœud de dentelle viennent couronner l'ensemble — voir notre page dédiée aux coiffes.
Le choix des tissus
La soie reste la matière noble par excellence, réservée aux robes de cérémonie et aux châles des grandes occasions. Le coton fin et la mousseline habillent les jupons et les corsages du quotidien, tandis que les indiennes provençales — ces cotonnades imprimées de motifs floraux popularisées dès le XVIIIe siècle — restent associées à l'image populaire du costume. La dentelle, enfin, se réserve presque exclusivement à la chapelle et au nœud de coiffe, où sa finesse doit rester visible sans jamais alourdir l'ensemble.
La coiffure : le chignon esquinado
Avant même de poser la coiffe, les cheveux sont relevés en un chignon serré, le chignon esquinado, suffisamment ferme pour soutenir le ruban et la dentelle toute une journée de fête. C'est ce geste, précis et répété, que les candidates à l'élection de la Reine d'Arles doivent savoir exécuter seules — la meilleure preuve que la coiffure fait partie intégrante du savoir-faire, au même titre que la couture.
Un savoir-faire qui s'apprend, pas qui s'achète
Aucune de ces étapes ne s'improvise. C'est en regardant sa mère ou sa grand-mère s'habiller, année après année, que l'on finit par connaître l'ordre des pièces, la bonne façon de nouer un ruban ou de plisser un jupon. Nous racontons plus en détail cette transmission de gestes, de mère en fille, dans notre page sur la tradition & transmission.