Histoire

Le costume arlésien à travers les époques

Né du désir des Arlésiennes de se distinguer, le costume n'a cessé de se réinventer, au fil des modes et des générations, tout en restant fidèle à son âme provençale.

XVIIIe

Les origines : le siècle de la distinction

Si l'on trouve trace de codes vestimentaires stricts dès le XVIIe siècle à Arles, c'est au milieu du XVIIIe siècle, sous le règne de Louis XV, que naît véritablement le costume tel qu'on le reconnaît aujourd'hui. Il répond alors au souhait des femmes d'Arles de se démarquer par l'élégance de leur mise. Le témoignage le plus ancien qui nous en soit parvenu est une peinture d'Antoine Raspal datée de 1780, L'Atelier de couture, qui représente six couturières arlésiennes au travail — preuve que le costume et son savoir-faire étaient déjà bien établis à cette époque.

XIXe

Un siècle de transformations

Le XIXe siècle est celui des grandes évolutions. Sous Charles X, les rubans de la coiffe s'élargissent et se nouent plus largement autour de la tête. La période Louis-Philippe marque profondément le style du costume, avant que le Second Empire, sous Napoléon III, n'y ajoute des dessous volumineux — les crinolines — et des ornements plus riches. C'est en 1860 qu'apparaît la chapelle, ce plastron de dentelle trapézoïdal qui vient couvrir la poitrine et reste, aujourd'hui encore, l'une des pièces les plus reconnaissables du costume. À partir des années 1880, la coiffe évolue à son tour : les bandeaux se font plus présents et les rubans, autrefois très longs, se raccourcissent.

Fin XIXe – XXe

La consécration littéraire et populaire

C'est à cette époque que des écrivains provençaux magnifient la figure de l'Arlésienne et contribuent à ancrer durablement le costume dans l'imaginaire collectif. Alphonse Daudet, avec sa nouvelle L'Arlésienne, et Frédéric Mistral, chantre du Félibrige et défenseur de la langue et des traditions provençales, donnent au costume une aura littéraire qui dépasse les frontières de la région. Peu à peu, le costume quitte l'usage quotidien pour devenir une tenue de fête, de cérémonie et de représentation, portée avec fierté lors des grandes occasions et des fêtes traditionnelles arlésiennes.

XXe siècle

Le regard des peintres et des couturiers

Après les écrivains, ce sont les peintres qui prennent le relais. Léo Lelée (1872-1947), surnommé « le peintre des Arlésiennes », consacre l'essentiel de son œuvre à leurs portraits en costume et contribue durablement à l'image idéalisée de l'Arlésienne diffusée bien au-delà de la Provence. Plus près de nous, le couturier arlésien Christian Lacroix n'a cessé de revisiter, dans son travail de mode et de dessin, Arles, la Camargue et l'histoire du costume — au point d'avoir fondé dans sa ville natale une association dédiée à la préservation de ses propres archives.

Aujourd'hui

Une tradition vivante et reconnue

Loin d'avoir disparu, le costume arlésien continue d'être porté, confectionné et transmis par des groupes folkloriques, des confréries et des familles attachées à cette tradition. Des artisans locaux perpétuent le savoir-faire de la couture, de la dentelle et de la parure. En 2011, le Conseil régional a demandé l'inscription du costume d'Arlésienne au patrimoine culturel immatériel de l'UNESCO, témoignant de la reconnaissance de sa valeur culturelle et identitaire pour la Provence tout entière.

Les pièces qui composent le costume

Chaque élément a son rôle et sa symbolique, transmis avec autant de soin que le vêtement lui-même.

La coiffe

Ruban, cravate et nœud de dentelle, posés au sommet de la tête sur un chignon relevé.

La chapelle

Plastron de dentelle trapézoïdal qui couvre la poitrine, apparu en 1860.

Le châle

Pièce carrée en soie, coton ou velours, pliée en triangle pour épouser le buste.

La robe et le jupon

Robe longue et cintrée en satin, portée sur des jupons brodés de motifs floraux.

Le corsage

Buste ajusté, parfois à boutons métalliques, qui souligne la silhouette.

Les bijoux

Agrafes, bagues et croix provençales en or, transmises de génération en génération.

Découvrir les coiffes en détail →