Détail & symbolique

Les coiffes, couronnes de dentelle et de ruban

Posée avec soin au sommet du chignon, la coiffe est sans doute l'élément le plus délicat du costume arlésien — et celui qui en dit le plus long sur celle qui le porte.

Anatomie d'une coiffe

Le ruban

Large bande de soie, unie ou colorée, nouée autour du chignon. Sa largeur et son mode de nouage ont varié au fil des époques — plus larges sous Charles X, plus courts à partir des années 1880.

La cravate

Bande de tissu qui accompagne le ruban et vient structurer la coiffe autour du chignon relevé, appelé « chignon esquinado ».

Le nœud de dentelle

Fine dentelle blanche, montée en bandes obliques ou en nœud, qui vient adoucir l'ensemble et encadrer le visage.

La chapelle

Bien que placée sur la poitrine et non sur la tête, la chapelle — ce plastron de dentelle apparu en 1860 — complète visuellement la coiffe et participe du même vocabulaire de dentelle et de finesse.

Deux visages d'une même coiffe

Toutes les coiffes arlésiennes ne se ressemblent pas. Il existe une version simple, plus sobre, portée au quotidien par les femmes de la terre et du travail ; et une version « gansée », richement ornée de dentelle et de ruban travaillé, réservée aux mariages et aux grandes célébrations. Cette distinction rappelle que le costume n'a jamais été figé dans une seule forme, mais qu'il s'est toujours adapté aux moments de la vie et aux moyens de chacune.

Une couleur, une saison

Le ruban n'est pas choisi au hasard : sa couleur — bleu, coloré, ou plus sobre selon les occasions — peut varier avec les saisons et les circonstances, du deuil à la fête. Ce langage silencieux, appris et transmis, permettait à chacune de lire, d'un regard, le statut ou l'humeur du jour d'une autre Arlésienne.

« La prise de ruban »

Vers l'âge de quinze ans, la jeune fille arlésienne portait pour la première fois le ruban de coiffe, à l'occasion des fêtes religieuses et des grandes réunions. Ce moment, aujourd'hui encore célébré lors de cérémonies comme la Festo Vierginenco, marquait symboliquement le passage de l'enfance à la jeunesse — une étape que l'on retrouve détaillée dans notre page sur la transmission.

Comprendre la transmission →